Le Debrief

Cap de la quarantaine et périphérie du cool, racontés depuis l'Essonne. Mon autre publication sur Kessel : le feuilleton littéraire "Glory Box".

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Par Charlotte Moreau
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31 mai · 3 mn à lire
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#38 Winter is coming

C'est un détail que je remarque instantanément chez quelqu'un. La mauvaise couleur. La mauvaise palette. Je le garde généralement pour moi. Préférant attendre le jour où la bonne teinte survient, pour pouvoir faire un compliment enthousiaste.

La colorimétrie est une théorie complexe, un mille-feuilles difficile à assimiler, à s'approprier, comme toutes les approches scientifiques. Elle contredit souvent nos goûts, nos habitudes, nos réflexes. C'est inconfortable. Alors on plaque vite un jugement esthétique dessus, sans écouter ce qu'elle peut nous enseigner.

Moi j'ai de la chance : cheveux et sourcils bruns, peau et yeux clairs, j'ai l’un des profils les plus faciles à reconnaître, winter, couleurs froides friendly.

Pourtant cet hiver est vaste et nuancé. 50 nuances de froid ! Les miennes sont saturées, vibrantes. Cool winter ou bright winter, selon les nomenclatures. Et quelques épiphanies m'ont été nécessaires pour arriver à ce constat. 

Source : Radiantly DressedSource : Radiantly Dressed

Si je devais vous la faire courte, je dirais que mon apprentissage s’est déroulé sur deux terrains simultanés : 1) la couleur et 2) le contraste. Et le second est aussi décisif que le premier. 

UNE LEÇON DE CONTRASTE 


Voici la vidéo qui m’a fait comprendre, pour la première fois, l’idée et le rôle du contraste dans l’habillement. 


« L’oeil voit deux informations différentes : la couleur et la nuance de cette couleur. » 

Est-elle sombre ou claire. 
Est-elle saturée ou délavée. 
Et va t-elle contraster sur vous ou non.

Quand vous avez déjà des éléments de contraste sur votre corps (cheveux et sourcils sombres + peau et yeux clairs dans mon cas), les couleurs contrastantes (foncées et/ou saturées) sont indiquées. Elles vous « vont bien » parce qu’elles résonnent avec votre physionomie.

L’inverse est vrai aussi et il suffit de regarder les red carpets pour s’en convaincre. Sur une physionomie à faible contraste (Jennifer Lawrence, Elle Fanning, Sharon Stone), les looks ton sur ton sont immédiatement harmonieux. Ça ne leur interdit pas de porter autre chose, mais ça leur réussit toujours.

Certaines branches de la colorimétrie classent d’ailleurs les physionomies par type de contraste autant que par « saison », et c’est une approche que je trouve plus simple à appréhender, plus intuitive. Les fondamentaux, avant que les histoires de couleurs chaudes et froides n’entrent en scène.

SOUFFLER LE CHAUD ET LE FROID

Il y a d’abord ce malentendu : les couleurs froides ce serait le vert, le bleu, le violet, et les couleurs chaudes, le jaune, l’orange, le rouge. 

Entre les deux, des teintes dont on ne sait jamais quoi faire (putain de rose). 

Et par-dessus tout, des couleurs qu’on décrète ne pas aimer (par exemple, le jaune pour l’ensemble de son oeuvre).

Eh bien non. 

Au sein de chaque couleur, il y a des nuances froides (plus bleutées) et chaudes (plus jaunies). 
Au sein de chaque couleur, il y a donc une nuance qui nous sied.

C’est ce qui m’est arrivé avec le violet, le rose, le jaune. 
Évités depuis toujours jusqu’à ce que, convaincue par la vidéo the Art of Color, je teste sur moi leurs nuances vibrantes. 

Un violet presque indigo (et surtout pas un mauve)
Un rose néon (et surtout pas un bubble gum ou un bois de rose)
Un jaune citron (et surtout pas safran). Banco. 

De qui je me sens la plus proche sur red carpet ? Viola Davis ou Lupita Nyong’o, oui, oui, qui sont comme moi, CQFD, des femmes « hiver ». Flattées par les couleurs vibrantes.

Au sein de chaque famille chromatique, il y a donc du bon à prendre… mais aussi du mauvais. 

C’est ce qui m’est arrivé avec le vert. 
Je collectionnais indifféremment ses nuances. 
N’importe quel vert me semblait ok, c’est la couleur de mes yeux, blablabla.

J’évitais juste les plus clairs, qui me donnent mauvaise mine (pas assez de contraste !) et continuais d’acheter du kaki (beaucoup de contraste !). Et c’est là que cette histoire de saison entre en jeu.

Source : Anne JosseSource : Anne Josse

C’est comme le blanc et l’écru.
Un vert chaud m’ira toujours moins bien qu’un vert froid, peu importe son intensité. C’est une vérité objective. 
Plus la nuance se réchauffe (pomme, prairie, kaki), plus je me ternis. 
Plus elle devient bleutée (menthe, émeraude, céladon), plus je me ravive.


C’est de là qu’est venu mon no-brainer fraîcheur préféré, bleu/vert/blanc, mais froid only. Version kaki, ça ne marche plus, raison pour laquelle je me suis séparée de la veste militaire ci-dessus et prévois de purger ma penderie de tout le kaki qui y reste. Mais pas seulement.

THE WEDDING CHALLENGE

La colorimétrie, c’est un chantier infini. Parce qu’on ne met pas l’intégralité de sa garde-robe à jour sur un claquement de doigts. Dans quelques semaines, je suis invitée à un mariage, le premier depuis mille ans puisqu’autour de moi on divorce bien plus qu’on ne se marie. 

J’ai décidé de ne pas utiliser ma seule robe de soirée, qui me va toujours et que je n’ai pas enfilée depuis 2017 et mes dernières tribulations à Monaco (auxquelles sera d’ailleurs consacré le prochain chapitre de « Glory Box »

Pourquoi ?

Parce qu’elle est VERT PRAIRIE. Et que je peux donc trouver mieux. 

Bon, pour l’instant j’ai pas trouvé, dans le budget que je me suis donné. Sinon je prenais en toute simplicité la robe cape Essential Antwerp et c’était plié. Mais je documente ce process et vous prépare un petit récapitulatif de mes essayages pour Insta et vous le verrez, niveau contraste et couleurs saturées, il y a de quoi faire. 

Je vous l’ai dit, le chantier est infini. 

Pour aller plus loin

=> TOUT EN IMAGES : le compte Instagram de Nathalia Vaz, parfait pour démarrer, avec ses réels de célébrités.
=> DÉTAILLÉ : le compte Instagram d’Hélène Baudrand, Nos renaissances, une reco d’Olivia Mahieu que je remercie !
=> TRÈS DÉTAILLÉ : le site d’Agnès Petrausch, d’une richesse encyclopédique.

GLORY BOX - Mon livre en temps réel sur Kessel

Ce mois-ci, j’ai raconté comment je me suis fait embaucher en écrivant sur le foot. Et quelles représailles m’attendaient le jour de ma titularisation.
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RV le vendredi 30 juin pour le prochain Debrief